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Après la tuerie des paysans d'Adja-Ouèrè : Trois témoins sous les verrous

Après la tuerie des paysans d’Adja-Ouèrè : Trois témoins sous les verrous

lundi 8 février 2010, par DP Le Grand Journal

La terreur et l’inquiétude ont gagné tous les cœurs dans la vallée de l’Ouémé et du Plateau. Toutes les palmeraies de cette grande contrée de notre pays sont désormais quadrillées par les griots qui se réclament du régime. Ces individus aveuglés par la dictature sont partis jusqu’à arrêter hier trois dames qui étaient parties chercher du bois dans ces palmeraies. C’est la preuve que les machinations politiques et les actes incongrus violant la liberté des personnes sont l’apanage de ce régime dit du Changement.


 

Agossa Bossi, Agossa Azonssi et Agathe Avigbé qui étaient venues témoigner lors des manifestations de l’an un des évènements d’Adja Ouèrè sont depuis hier interpellés suite à des instructions des proches du pouvoir.

En effet, après la commémoration de l’an un en souvenir des paysans martyrs d’Adja Ouèrè, les proches du pouvoir ont multiplié leurs actes d’intimidations et menacent de tout genre à l’endroit des paisibles populations des palmeraies de la vallée. Comme dans une jungle, ces individus côtoient régulièrement les plantations en quête d’un probable ennemi du pouvoir comme ils aiment le mentionner.

Ces pratiques vielles de plusieurs années refont surface actuellement au grand mécontentement des populations qui souffrent le martyr. De jour comme de nuit, ces sbires passent à la chasse à l’homme dans ces plantations en proférant des injures et des menaces à tous ceux qu’ils trouvent sur leur chemin.

« Nous arrêterons tous ceux qui s’agitent contre le gouvernement et nous mettrons fin au règne des opposants. Gare aux collaborateurs des opposants. Aller leur dire que nous leur déclarons la guerre… ». Voilà des propos déshumanisants qui dressent le lit à la violence. Hier par exemple, ces individus ont arrêté systématiquement trois dames de retour de ses palmeraies où elles étaient parties chercher du bois. Ces dames qui avaient pourtant chacune un bébé au dos ont été conduites injustement en prison sous prétexte qu’elles ont volé du bois. Contacté, le chargé des Palmeraies, le sieur Richard Ablou aurait décliné toutes ses responsabilités en affirmant tout de go qu’il n’arrête que sur instruction du commandant de brigade de Pobè. Dans cette même foulée et cette spirale de violence cuisinée par proche du pouvoir, un certain Kounasso Ekangné a été arrêté dans la même journée à Djidagba sous prétexte qu’il est soupçonné dans les drames de Djidagba. Gardé en prison sans aucune preuve, celui-ci ne fait que partie d’une masse importante qui refuse de boire à la coupe des vautours prêts à conduire le pays dans le gouffre.

Amêgny LAHAMY

Photo : Victor Topanou




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