Moukaram Badarou « Nous n’accepterons pas une Lépi FCBE »
lundi 8 février 2010, par DP Le Grand Journal
Le directeur exécutif à l’image et à la communication de l’Union fait la Nation (UN), Moukaram Badarou était dimanche dernier, l’un des trois invités de l’émission dominicale « Eclairage » sur la radio nationale. Au cours de cette émission avec Me Badou et le ministre Bernard Lani Davo, ce membre de l’UN a attiré l’attention de l’opinion nationale sur le danger qui pèse actuellement sur notre système électoral et sur notre jeune démocratie chèrement acquise.
Par rapport au problème de la Lépi, Moukaram Badarou a fustigé la mauvaise foi du gouvernement de Boni Yayi. Ce dernier selon lui veut nous imposer une Lépi unilatérale. Ce qui n’arrange pas le peuple béninois qui a toujours bénéficié des éloges de nos frères de la sous région par rapport à notre sens républicain.
Rappelant au peuple béninois, le rôle de superviseur que le législateur a assigné à la Commission politique de supervision (CPS), il se dit tout simplement dans une désillusion totale de voir le superviseur entreprendre des travaux techniques de la réalisation de la Lépi en lieu et place de la Mirena conformément à la loi n° 2009-10 portant organisation du Recensement électoral national approfondi et établissement de la Liste électorale permanente informatisée. (Voir ci-dessous l’article 41 sur la question).
Si les textes fondamentaux qui régissent la réalisation de la Lépi ne sont pas respectés, les responsables de l’UN feront tout ce qui est de leur pouvoir pour les faire respecter où dans le cas contraire recourir à l’abrogation pure et simple de cette loi.
Il n’a pas oublié de rappeler que des voix se sont déjà levées notamment celle du superviseur exécutif de Parakou au lendemain de la comédie faite par le premier responsable de la CPS en la personne de Epiphane Quenum qui, a voulu faire de la démagogie par rapport aux taux de réalisation du recensement censitaire dans nos différentes communes.
Il a rappelé le souhait de l’UN exprimé au chef de l’Etat de marquer une pause pour évaluer ce qui est fait afin d’envisager de corriger le tir. Il a été appuyé dans sa logique par le représentant de la société civile, Me Charles Badou qui a estimé que même si la loi ne prévoit pas une pause et que lors de l’exécution on constate des ratés, qu’il est primordial qu’on aille à un consensus pour éviter une Lépi non fiable et contestée.
Défi politique de l’UN
Au sujet de la candidature unique, le directeur exécutif à l’image et à la communication de l’UN a rappelé aux populations que les activités au niveau de l’alliance évoluent à un rythme considérable. Et de dire que déjà au lendemain de leur première sortie le 12 mars 2008, leurs détracteurs se sont déjà mis à donner une petite durée de vie de l’UN. Mais fort heureusement, ce qui lie ces différentes formations politiques est plus important que leurs intérêts personnels. Il a affirmé que cette union vit et vivra contre vents et marrées. Et de rassurer les uns et les autres que la convention des 30 et 31 janvier 2010 derniers a déjà balisé le chemin pour les modalités de candidature unique en 2011 qui se fera par consensus. Ce qui dénote de la confiance mutuelle des différents présidents qui constituent cette union.
Les reproches à Yayi
A la question de savoir pourquoi les leaders des formations politiques qui ont soutenu Boni Yayi en 2006 sont-ils aujourd’hui tous contre lui, Moukaram Badarou, directeur exécutif à l’image et à la communication de l’UN a fait une analyse pertinente.
De l’avis de ce responsable, c’est parce que ces leaders qui en 2006 ont soutenu au second tour le président Boni Yayi ont vite compris par les initiatives de ce dernier, sa volonté à banaliser les autres formations politiques.
Et de citer quelques dérives du président Yayi qui sont à la base de la rupture. Il s’agit entre autres de l’envie de contrôler à tout prix, toutes les institutions de la Nation et tous les postes politico administratifs sur toute l’étendue du territoire national. Aussi a-t-il insisté sur la manoeuvre dilatoire du Chef de l’Etat qui a instruit son ministre en charge des Relations avec les institutions à inviter la classe politique au dialogue le jour même de la tenue du séminaire des 28 et 29 novembre 2008 à Bohicon. Or ce calendrier a été élaboré depuis fort longtemps avec les ténors de l’UN.
Mais depuis cette date historique dans les annales politiques de l’UN, aucune autre démarche n’a été faite par le président Boni Yayi et son gouvernement pour cette rencontre. Ce qui montre une fois encore la mauvaise foi du gouvernement et de son chef à aller au dialogue avec la classe politique.
Prosper Gnanadjo
Photo : Moukaram Badarou
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