« Nous ne voulons pas d’une Lépi pipée » dixit Eric Houndété
lundi 8 mars 2010, par DP Le Grand Journal
L’honorable Eric Houndété, membre de Force clé et de l’Union fait la Nation (UN), était hier l’invité de l’émission dominicale « Zone franche » de Canal 3 Bénin. Une émission au cours de laquelle, ce jeune tribun a passé au peigne fin l’actualité politique de notre pays.
Dans son décryptage, l’honorable Eric Houndété n’a pas manqué de remercier tous les partisans de cette historique conférence des forces vives de la Nation qui fait la fierté de notre pays dans la sous région et dans le monde entier.
A la question de savoir pourquoi, les 44 députés ont déposé une proposition de loi pour abroger la loi 2009-10 portant réalisation de la Liste électorale permanente informatisée(Lépi) et du recensement électoral, l’invité a d’abord rappelé à l’opinion nationale que l’opposition béninoise a plus besoin de la Lépi que le gouvernement en place. Cela découle de ce qui s’est passé lors des reprises des dernières élections municipales, communales et locales. Et de dire que des étudiants Nigériens sont venus voter dans sa zone avec le concours des thuriféraires de ce régime contrairement à ce que racontent leurs détracteurs.
Aussi a-t-il ajouté que plus de trois mois déjà que la délégation de l’UN a rencontré le président Boni Yayi, une rencontre au cours de laquelle, la délégation a suggéré au chef de l’Etat une pause afin d’évaluer ce qui est fait, corriger les imperfections avant de poursuivre cette réalisation qui tient à cœur à tous les différents responsables de l’opposition béninoise.
Mais depuis ce temps, où le chef de l’Etat a promis une évaluation, rien n’est fait pour corriger le tir, mais au contraire le processus de la réalisation de la Lépi continue toujours avec d’autres imperfections. Puisque le régime du Changement ne met en place qu’une Lépi FCBE qui l’arrangera en 2011, il fait fi de toutes recommandations fonçant toujours la tête baissée. Mais l’arme dont dispose l’opposition est d’abroger cette loi. L’idée essentielle de cette demande n’est pas d’arrêter définitivement la réalisation de la Lépi mais d’introduire une loi rectificative à la première.
L’exception soulevée par le chef de l’Etat
Quant à sa réaction par rapport à la lettre du chef de l’Etat au président Nago pour la non recevabilité de la proposition de loi pour abroger la loi 2009-10, l’honorable Eric Houndété a désapprouvé ce geste du chef de l’Etat qui rime avec le carporalisation de toutes instutitions étatiques. Ceci démontre la mauvaise gestion politique et sociale faite par le régime du Changement dans son élan de bloquer le bon fonctionnement du Parlement.
Comment comprendre qu’une proposition de loi déposée en décembre 2009 et dont la convocation a été annoncée que le 25 février 2010, le chef d’Etat envoie sa lettre de non recevabilité ? Cette gestion calamiteuse de notre Parlement n’honore guère notre jeune démocratie d’après l’orateur. Selon cette figure de proue de l’opposition, le règlement des contentieux qui relève de la loi ne concerne nullement le chef de l’Etat puisque ce n’est pas un problème de règlement. Aussi a-t-il ajouté que le président Nago a manqué une fois encore de montrer à toute la population qu’il est un président digne d’institution de contre pouvoir.
La promotion du régionalisme
Sur la question du régionalisme surtout après les propos de Rosine Soglo le jeudi dernier à l’Assemblée, d’un ton sec, l’homme a rappelé que ce fléau a connu son heure de gloire sous l’ère Yayi. Mais, il s’est attardé sur les exemples du PRD, de la Renaissance du Bénin (qui avaient déjà dès la deuxième législature certains députés qui étaient du Nord). Aussi n’a-t-il pas oublié d’évoquer la performance de Force Clé, son parti qui a fait de même lors de la quatrième législature et qui pouvait se targuer d’avoir cette représentativité sur le territoire. Tous ces exemples sont de nature à confirmer que le régionalisme était moindre.
Pour démontrer que la responsabilité incombe au Changement, il s’est fondé sur une décision du chef de l’Etat qui, en pré campagne électorale avant les communales de 2008, a ordonné publiquement à Bèmbèrèkè à un candidat de la liste AFP du député Houdé de retirer sa candidature et d’adhérer à la cause de ses frères de la zone. Pour l’invité, c’est le pouvoir en place qui fait plutôt la promotion du régionalisme et non les membres de l’UN.
Gestion des affaires publiques
L’honorable n’a pas manqué d’attirer l’attention de la population sur la gestion calamiteuse des fonds du contribuable. De l’avis de Houndété depuis l’avènement de ce régime, le pays est économiquement mal géré. Par rapport à ce volet, il s’est appesanti tout simplement sur l’exemple de l’OCBN.
Il a expliqué que deux semaines seulement après que l’on a injecté près de six milliards de F CFA après une ratification de l’Assemblée nationale, le gouvernement a décidé de sa cession. Mieux, alors que la ratification permet l’acquisition de nouvelles locomotives et autres, le repreneur n’aura même pas à charge les dettes de la maison. Il n’a pas occulté le fait que les thuriféraires de ce régime prennent les ressources de certaines sociétés comme la Sobémap et autres pour financer une chaine de télévision étrangère sans aviser le conseil d’administration de ces sociétés publiques.
Il n’a pas oublié aussi de rappeler que notre budget fantaisiste qui s’élève à plus de 1300 milliards fait fuir de jour en jour la communauté internationale qui devrait normalement nous accompagner dans notre développement et que le PIP est à peine exécuté à 50%. Pour finir, il appelle le peuple au calme, à la vigilance pour qu’en 2011, la maison soit balayée. PG
Photo : Eric Houndété
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