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Démission de l'opposition de la CPS : La Lépi définitivement compromise ?

Démission de l’opposition de la CPS : La Lépi définitivement compromise ?

mardi 6 avril 2010, par DP Le Grand Journal

Annoncée la semaine dernière, la démission des membres de l’opposition siégeant au sein de la commission politique de supervision de la Lépi (CPS-Lépi) est effective depuis hier par la signature de leur lettre de démission.


 

La collaboration active ces députés de l’opposition aux travaux de la CPS-Lépi a constitué jusqu’à présent une caution pour le gouvernement. En effet, l’opposition par le biais de ses représentants participent légalement à toutes les séances de travail, à toutes les opérations menées dans le cadre du projet.

Aujourd’hui, la loi 2009-10 sur la Lépi est abrogée par les députés. Le chef de l’Etat a choisi de demander à la Cour constitutionnelle de contrôler sa constitutionnalité avant de la promulguer ou non. Dans le même temps, la CPS-Lépi et la Mission indépendante du recensement électoral approfondi (Miréna), sous prétexte qu’une loi non encore promulguée n’est pas exécutoire, poursuivent la réalisation de Lépi en lançant la phase du recensement des électeurs. Cette attitude exaspère les adversaires politiques de Thomas Boni Yayi. Les opposants au régime du Changement estiment que les insuffisances et autres tensions ainsi que l’abrogation le 18 mars 2010 de la loi 2009-10 devraient légitiment provoquer la suspension des activités de la CPS et de la Miréna si réellement, l’on veut d’une Lépi crédible pour le Bénin.

Incontestablement, le processus de la Lépi se trouve dans l’impasse. La loi qui le régit est abrogée. Le chef de l’Etat attend l’avis de la Cour constitutionnelle. La nouvelle proposition de loi de l’opposition souffre au Parlement. Le groupe de travail sur la Lépi recommande l’amélioration du processus. La CPS et la Miréna lancent le recensement.

La situation est très confuse et pour manifester son désaccord et sa détermination, l’opposition retire ses représentants de la structure faitière chargée du processus, la CPS-Lépi.

Avec cette nouvelle donne, comment le chef de l’Etat et ses collaborateurs pourront-ils continuer de soutenir que la Lépi béninoise se réalise de façon consensuelle ? Une poursuite du processus après la démission de l’opposition ne fera que vicier davantage la réalisation de cet instrument d’amélioration du système électoral. Elle ravivera la tension politique, radicalisera les positions déjà tranchées des uns et des autres.

Le président de la République, Thomas Boni Yayi a maintenant toutes les cartes en mains. Faire confectionner exclusivement par les siens, une Lépi pour pérenniser son régime ou entreprendre des discussions sincères avec l’opposition pour doter le pays d’une Lépi consensuelle et crédible.

Romain L. KIKI




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